Elle ne voulait pas laisser l’enfant à son père

La prévenue qui se présente à la barre du tribunal correctionnel de Gap, ce jeudi, n’en démord pas : elle veut protéger son enfant. Une raison qui la pousse, entre le 1er septembre 2013 et le 8 janvier 2014, à mettre tout en œuvre pour empêcher le papa d’exercer son droit de visite hebdomadaire.

Cours de violon, déménagement impromptu… Tous les prétextes sont bons pour décourager l’ex-compagnon de venir frapper à sa porte le mercredi matin. La femme de nationalité russe le reconnaît : « Je ne lui fais pas confiance. » Elle craint que ce dernier n’abuse sexuellement de leur enfant de 7 ans. Des accusations dont elles avaient déjà fait écho à la suite de leur séparation. Les dossiers ont été classés, depuis, sans suite. « La maltraitance n’a pas été établie, rappelle la présidente du tribunal, Josiane Magnan, d’un ton sec. On a besoin de voir son père, que ça vous plaise ou non. Votre fille n’est pas votre propriété. » La prévenue reste interdite, laissant la victime prendre la parole. « Pour voir ma fille, je dois passer à l’école régulièrement, indique le papa, sobrement. J’en viens à quémander. »

« Ça fait six ans maintenant qu’elle lui pourrit la vie »

« Elle est dans l’idée fixe que le père est un monstre. On a tout simplement un homme qui veut voir sa fille », insiste l’avocat de la partie civile. Lequel, afin de faire pencher un peu plus la balance, n’hésite pas rentrer dans les détails pour expliquer comment les soupçons de la mère sont nés. « Un jour, elle est rentrée dans la chambre de l’enfant. Elle a cru reconnaître l’odeur de spermatozoïdes de son mari. Elle a senti les fesses du bébé avant de faire une fellation à son mari pour vérifier. Ça fait six ans maintenant qu’elle lui pourrit la vie ».

« Vous vous faites suivre par un psychologue ? demande à la prévenue, la présidente interloquée. Il faudrait peut-être y songer. » De son côté, la substitut du procureur, un brin agacée par cette « situation qui a assez duré », requiert trois mois de prison avec sursis. « Monsieur s’est plié jusqu’à présent à tout ce qu’on lui a dit de faire, c’est à votre tour maintenant », indique-t-elle à la prévenue. Le tribunal sera finalement plus ferme que le ministère public. Il condamne la mère à six mois d’emprisonnement avec sursis et mise à l’épreuve, avec obligations de soin, d’indemniser la victime à hauteur de 1 000 euros et surtout de remettre l’enfant au père.

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